La Norvège ne doit pas la renvoyer.

Appel urgent adressé à la ministre norvégienne de la Justice et de la Sécurité publique pour suspendre l'expulsion de Mme Yeshihareg Bekele, membre de l'association Hibre Amhara en Norvège, dont les prises de position contre le régime éthiopien l'exposeraient à un grave danger en cas de retour.

Addressed to
Madame Emilie Enger Mehl
Ministre de la Justice et de la Sécurité publique de Norvège
Gouvernement de Norvège
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Objet : Demande de protection pour Mme Yeshihareg Bekele — situation urgente

Madame la Ministre,

Nous nous permettons de vous écrire au nom de la Fédération des associations amhara d’Europe. Nous avons appris que Mme Yeshihareg Bekele, actuellement résidente en Norvège, fait l’objet d’une procédure d’expulsion vers l’Éthiopie.

Mme Bekele dénonce publiquement, et de longue date, l’oppression et la campagne militaire que le régime en place mène contre le peuple amhara d’Éthiopie. Membre du comité exécutif de l’association Hibre Amhara en Norvège — qui porte la voix d’un peuple opprimé, confronté à une campagne génocidaire et luttant pour son existence même —, elle œuvre à faire connaître les atteintes graves aux droits humains commises contre les Amhara et à défendre la démocratie et les libertés fondamentales. Elle a organisé des manifestations sur plusieurs continents pour alerter sur les atrocités en cours, et joue un rôle déterminant dans le rapprochement des associations amhara d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Australie et d’ailleurs.

Cet engagement public et la constance de ses prises de position face aux agissements du gouvernement éthiopien — le nettoyage ethnique comme les atteintes graves aux droits humains — font d’elle une cible désignée pour un pouvoir qui pratique couramment l’arrestation arbitraire et l’exécution de ses détracteurs, particulièrement lorsqu’ils sont amhara.

Connaissant la manière dont ce gouvernement réprime toute critique, l’opposition politique et la société civile qui s’élèvent contre la campagne militaire menée contre les Amhara, l’expulser vers l’Éthiopie reviendrait à la livrer à un régime dictatorial, connu pour les traitements inhumains qu’il inflige aux Amhara dans ses camps. Violences sexuelles, torture, exécutions : telles en sont les formes documentées.

Au nom de Mme Bekele, nous appelons le gouvernement norvégien à revenir sur sa décision, en pleine connaissance des faits établis quant aux agissements de ce régime. Nous vous prions instamment de respecter les obligations internationales de la Norvège en matière de protection des personnes vulnérables et des défenseurs des droits humains.

Nous vous remercions de l’attention que vous voudrez bien porter à cette affaire urgente.

Veuillez agréer l’expression de notre haute considération,

Fédération des associations amhara d’Europe