Objet : FMI et Banque mondiale — appel urgent à reconsidérer les accords de prêt conclus avec le régime éthiopien
Madame, Monsieur,
Nous, membres de la Fédération des associations amhara d’Europe, sommes profondément troublés par les accords de prêt conclus entre le régime éthiopien et vos institutions, alors que l’Éthiopie est plongée dans le chaos et que la moitié du pays est en proie à des guerres civiles.
Le non-droit et les enlèvements contre rançon y sont monnaie courante, la corruption, le népotisme et le clientélisme s’y sont enracinés, et le régime mène une guerre civile qu’il est en train de perdre dans deux des plus grandes régions du pays.
L’économie est en crise au sortir d’un conflit de deux ans entre le gouvernement central et le gouvernement régional du Tigré. Le pouvoir central s’est aussitôt engagé dans un nouveau conflit en région Amhara, tandis que la rébellion se poursuit en Oromia. Le régime éthiopien n’a bientôt plus les moyens d’acheter armes et drones, ni de recruter des millions de soldats — enfants compris.
Le régime brutal d’Abiy Ahmed a fait assassiner ou emprisonner nombre de responsables politiques et religieux de premier plan, de membres de la société civile et de journalistes, sans mandat ni procès.
Abiy Ahmed a fait de la tromperie de la communauté internationale un art : il annonce des initiatives de paix en Éthiopie tout en poursuivant, dans les faits, une guerre barbare contre son propre peuple. Ses caisses sont vides, faute de pouvoir lever l’impôt dans les régions en guerre et du fait de la fermeture ou de la destruction des industries et des infrastructures par des conflits inutiles. Le FMI et la Banque mondiale ne semblent pas s’émouvoir des achats d’armes et de drones auxquels procède ce régime, et qui alimentent la guerre génocidaire en cours contre le peuple amhara.
Débloquer des fonds au profit de ce régime, c’est financer cette campagne militaire génocidaire et prolonger les souffrances du peuple amhara. À l’heure où il est au bord de l’effondrement, un prêt ne fera qu’entretenir les conflits en offrant une bouée de sauvetage à un pouvoir agonisant, qui consacre à l’achat d’armes tout financement qu’il parvient à obtenir pour se maintenir — et qui, ce faisant, entraîne le pays vers une dette insoutenable.
Nous appelons le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et les autres institutions financières à reconsidérer cet accord de prêt et tout déblocage de fonds au profit du régime éthiopien en l’état actuel des choses.
Veuillez agréer l’expression de notre haute considération,
Fédération des associations amhara d’Europe