Lorsque nous avons documenté le ciblage de l’Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo, l’avertissement était simple : la tendance s’aggravait, et elle restait sans réponse. Les mois écoulés ont confirmé les deux moitiés de cette phrase. Les attaques dans la zone d’Arsi se sont poursuivies et étendues ; la réponse de ceux qui ont le pouvoir de les arrêter n’est pas venue.
Ce qui suit est un relevé des incidents les plus récents, rapportés de manière indépendante — non une reprise de l’ensemble du dossier, exposé dans notre enquête, mais la preuve d’une ligne ininterrompue entre notre alerte et aujourd’hui.
· · ·
Depuis notre alerte — attaques récentes, rapportées de manière indépendante
Oct. 2025
Arsi oriental, Oromia. Plus de 25 civils auraient été tués dans l’Arsi oriental au mois d’octobre ; les évêques catholiques éthiopiens ont condamné les attaques des 25 et 27 octobre.
Source : ACI Africa 26 févr. 2026
Arsi oriental, Oromia. Des hommes armés ont fait irruption dans un marché et dans une église en plein office, tuant une vingtaine de chrétiens orthodoxes et un gardien musulman ; un prêtre figure parmi les morts, et des maisons et des récoltes ont été incendiées.
Source : Open Doors UK 4 mars 2026
Jawi (Shirka) et Geba (Robe), Arsi oriental, Oromia. La Commission éthiopienne des droits de l’homme (EHRC), organe d’État, fait état de jusqu’à 30 civils tués dans de nouvelles attaques depuis octobre 2025 et confirme celles du 26 février à Jawi et à Geba ; elle ne désigne aucun auteur pour les attaques de 2026.
Source : Commission éthiopienne des droits de l’homme (EHRC), via allAfrica 7 mars 2026
Monastère d’Atronse Mariam, Mehal Sayint, Amhara. Des tirs de mortier ont frappé ce monastère historique peu après la messe du matin, tuant six membres du clergé et étudiants religieux et en blessant 28. Des témoins cités par la BBC désignent l’artillerie de l’État, tirée depuis Guameda.
Source : BBC Amharic 2 juin 2026
Aleko Teleta, Arsi, Oromia. Au moins 37 chrétiens orthodoxes ont été tués, quelque 280 maisons incendiées et l’église Saint-Gabriel mise à feu ; d’autres personnes restent portées disparues. Le texte de Borkena évoque aussi 280 foyers déplacés, et l’EHRC cite un nombre non vérifié de maisons : le chiffre de 280 n’est pas confirmé.
Source : Borkena 9 juin 2026
Aseko, Arsi, Oromia. Constats préliminaires de la Commission éthiopienne des droits de l’homme (EHRC), organe d’État : trois personnes tuées entre le 30 mai et le 1er juin (deux chrétiens orthodoxes et un musulman), des pertes parmi les forces de sécurité, des déplacements massifs et des destructions de biens. Le diocèse d’Arsi de l’Église orthodoxe fait état d’au moins 13 civils orthodoxes tués lors d’attaques distinctes à Aseko, à Shirka et à Honqolo Wabe.
Source : Wazema Briefings 27 juil. 2026
Arsi oriental, Oromia (neuf districts). Le Conseil éthiopien des droits de l’homme (EHRCO) publie un rapport de 37 pages couvrant la période de septembre 2021 à juin 2026 : les chiffres par district totalisent 458 morts, dont quatre miliciens locaux, et plus de 14 000 personnes déplacées ; les noms des défunts sont publiés. Le rapport évoque des groupes armés et qualifie les faits d’actes présentant les caractéristiques de crimes contre l’humanité ; les gouvernements fédéral et d’Oromia attribuent les attaques à l’OLA.
Source : Borkena (rendant compte de l’EHRCO) 12–18 oct. 2026
Shirka et Honqolo Wabe, Arsi, Oromia. Au moins six personnes tuées et cinq enlevées lors d’attaques distinctes, selon les sources de BBC Amharic, que la chaîne n’a pu vérifier de manière indépendante ; l’Église orthodoxe a nommé les victimes dans un communiqué du 15 octobre. Les autorités locales n’ont pas répondu.
Source : BBC Amharic, via Amhara Association of America 24 oct. 2026
Shirka, Arsi, Oromia (Birbo, Chole et Sole Guna). BBC Amharic (25 oct.), citant trois témoins oculaires et des sources de l’Église, rapporte plus de 40 morts, dont au moins cinq enfants, lors d’une attaque contre les kebeles de Birbo et de Chole, déclenchée vers 5 h du matin le samedi 24 octobre. Trois habitants avancent le chiffre de 46 morts, une source de l’Église 43 pour le seul kebele de Chole ; les victimes ont été enterrées ensemble dans une seule fosse, à l’église Saint-Raphaël, et une vingtaine de blessés ont été conduits à l’hôpital. La Commission éthiopienne des droits de l’homme indique suivre l’affaire et ne disposer pour l’instant d’aucun élément concret. La BBC n’a pu joindre le bureau de communication d’Oromia ; des médias locaux citent son responsable, Haylu Adunya, qui met en cause l’alliance armée Tsimdo. Le diocèse d’Arsi a publié le même jour un communiqué, sans chiffres. Les signalements antérieurs concordent : TIKVAH Ethiopia (responsables de l’Église, anonymes) plus de 40 morts ; Borkena au moins 47, en situant l’attaque de nuit ; Meseret Media plus de 45. Des listes de noms circulent sur les réseaux sociaux ; elles n’ont pas été vérifiées. Aucun bilan officiel n’a été publié.
Source : BBC Amharic ; TIKVAH Ethiopia ; Borkena ; Meseret Media 37 chrétiens orthodoxes tués lors d’un seul massacre à Aleko Teleta, dans la zone d’Arsi, début juin 2026 — avec quelque 280 maisons incendiées et une église mise à feu. Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo a condamné les tueries et nommé les morts. Les évêques catholiques d’Éthiopie ont réclamé des enquêtes indépendantes. Ni le gouvernement fédéral ni le gouvernement régional n’en ont ouvert une qui soit crédible, poursuivi les responsables, ni agi pour protéger les communautés visées. Le silence que décrivait notre enquête n’est plus une absence d’attention — c’est un choix, sans cesse répété.
Pour le contexte complet et sourcé — les meurtres de membres du clergé, les lieux saints pris pour cibles et la logique qu’ils dessinent — lisez notre enquête : La foi la plus ancienne, la cible la plus récente →
Et pour notre lecture de ce que signifient ces tueries — les forces qui les animent et la réponse que nous appelons de nos vœux — voir notre analyse : Le massacre d’Arsi : silence, sang et impunité →